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Le blog des profondeurs...
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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



HIGH HOPES

Écrit et réalisé par Mike LEIGH - GB 1988 1h48mn VOSTF - avec Phil Davis, Lesley Manville, Ruth Sheen, Edna Dore...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HIGH HOPESDoit-on présenter Mike Leigh, l’un des plus grands cinéastes britanniques ? Avant ses films reconnus et primés : Naked, Secrets et mensonges, Vera Drake, Another year, Mr Turner… il y eut ce petit joyau aussi pétillant de malice que le regard de son réalisateur : High hopes, dont la traduction « grands espoirs », combinée aux premières images d’un Londres grisâtre et sans relief, nous met la puce à l’oreille… La capitale anglaise, et à travers elle sa société, fait partie des personnages principaux de l’histoire, tout comme la petite musique lancinante et géniale, qui enrobe constamment le récit de sentiments contradictoires et de clins d’œil : à la fois enjouée, grinçante d’humour noir, désabusée, elle rajoute un côté burlesque à cette fresque irrévérencieuse, qui n’en manque déjà pas. High hopes joue brillamment avec le comique de répétition, assume son lot de personnages aux comportements outrés et caricaturaux, juste ce qu’il faut pour, tout en nous faisant rire, semer un léger malaise. Ils sont tous tellement humains ! Le pire est que cette tragicomédie reste plus de trois décennies plus tard d’une fraîcheur si contemporaine qu’elle nous glace légèrement les sangs : elle renferme en son sein les poisons qui continuent de se diffuser dans les veines de notre monde moderne.

Oh oui ! (Re)voir High hopes, réécouter Miss Maggie de Renaud (chanson qui nous a toutes bien fait marrer… à part peut-être Madame Thatcher), un verre de bière irlandaise à la main… c’est réaliser ce à quoi notre monde n’a pas échappé, tout comme les deux principaux protagonistes du film, Shirley et Cyril, ne parviennent pas à échapper aux piqûres insidieuses du gros cactus envahissant (justement surnommé « Thatcher ») qui trône, incontournable, dans leur minuscule appartement. C’est toute une époque qui est décrite, dans laquelle chacun et sa chacune tente de surnager en cédant ou pas aux miroirs aux alouettes d’un capitalisme galopant alors que l’État-providence se fait méticuleusement atomiser par le gouvernement d’alors.
C’est aussi toute une galerie de personnages qui va défiler sous nos yeux, un peu à la façon dont La Bruyère croquait ses caractères : il n’y aura pas de quartier. Il n’y a guère que le couple de Shirley et Cyril qui sera un peu épargné. Sans doute parce qu’ils portent en eux les questionnements du réalisateur et apparaissent comme les plus sensés, grâce à une forme de conscience politique (Marx oblige !) qui les met un peu à l’abri du consumérisme ambiant et du discours dominant. Et puis ils ont cette belle complicité à demi-mots, même si Shirley est un peu casse-bonbons avec ses histoires de rejetons : Cyril ne comprend pas son envie irrépressible de mettre au monde un môme, de fonder ce truc détestable qu’est une famille. Il faut dire que la sienne… Entre sa vieille mère acariâtre qui commence à perdre la boule, esseulée dans son ancien quartier ouvrier voué à la gentrification… Sa sœur Valerie dont l’hystérie débordante ne parvient pas à camoufler son profond mal être et le vide de sa vie… Son dégoûtant et libidineux beau-frère, qui transpire d’une beaufitude infinie… Rien ni personne qui donne envie de se reproduire…

Heureusement il y a les éternels petits biscuits de Shirley, sa bonhommie naturelle, son regard qui se moque tendrement de tout et rend ainsi le monde plus léger, sans être dupe du fait qu’il ne sera jamais parfait.